La consommation de viande rouge responsable de la dépression? Ce n’est pas prouvé…

Dans mon ouvrage « Le blues du carnivore. L’homme et la viande des origines de l’humanité à nos jours » (paru en version numérique chez Amazon) je tentais de récapituler les différentes pathologies qui seraient liées à la consommation de viande notamment de viande rouge. « Toutes les études menées par des scientifiques indépendants montrent depuis les années 1960 que l’incidence de l’obésité, des cancers, du diabète, de l’ostéoporose, des calculs rénaux et des maladies cardiovasculaires est directement proportionnelle à la consommation de viande et de produits dérivés du règne animal » résumait Google (2010). Et j’ajoutais : il ne manque qu’Alzheimer, ça ne saurait tarder. Et bien voilà, 15 jours après la sortie de mon ouvrage, la culpabilité de la viande dans la genèse d’Alzheimer semble établie.
En effet un nouveau paradigme vient de naître en médecine : celui de l’inflammation chronique (systémique) concept dû au Dr Servan-Schreiber. Le dosage de la protéine C réactive (CRP) permettrait de signer la présence dans le sang d’un marqueur de cette inflammation. L’inflammation chronique serait en cause dans de nombreuses pathologies (obésité, cancer, maladies cardiovasculaires et toutes sortes de maladies chroniques ou de dégénescence, diabète II, allergies ou Alzheimer… toutes nos maladies de civilisation.)

L’inflammation chronique serait liée à l’alimentation. Il y a des aliments anti-inflammatoires à consommer tous les jours : des graines de lin, des haricots dont les fibres absorbent le cholestérol, des myrtilles pour leurs antioxydants, du yoghourt, de l’avoine qui diminue le risque cardiaque de 10% et bien entendu du brocoli, des épinards, du mélange de noix…. Remplacer les céréales raffinées par des céréales complètes de culture bio et consommer toute une gamme de végétaux et d’épices en particulier le curcuma mais aussi le gingembre, le basilic et le romarin. Bon appétit…

Un régime anti-inflammatoire permettrait selon ses thuriféraires de pratiquement remplacer tous les médicaments actuels. Un régime à base de nutriments anti-inflammatoires pourrait ainsi sans doute rendre obsolètes les recherches actuelles sur les nouveaux anticorps capables de détruire les plaques amyloïdes des cerveaux des malades d’Alzheimer.
Il y a par contre des aliments pro-inflammatoires qui incluent les viandes rouges, les viandes transformées, le lait de vache (à remplacer par des variétés aux amandes, au chanvre ou au soja bio), les produits laitiers, les fromages, les huiles de soja ou de tournesol (à remplacer par l’huile d’olive). En créant ou en intensifiant les inflammations dans l’ensemble du corps les ingrédients pro-inflammatoires provoquent une inflammation du cerveau et détériorent la santé mentale provoquant dépression, Parkinson et Alzheimer. Et voilà comment la consommation de viande engendre la maladie d’Alzheimer. Selon une étude parue le 8 aout 2016 dans le British Journal of Nutrition la consommation excessive de viande rouge serait notamment corrélée avec une forte augmentation de la dépression en particulier chez les femmes. Les chercheurs assurent que les femmes ayant l’habitude de consommer de la viande rouge ont présenté 18% plus de risque de souffrir d’une dépression. A l’inverse, les sujets ayant privilégié les aliments anti-inflammatoires (poisson, oléagineux, légumes, etc.) avaient vu ce risque diminuer de 20 %.
Et depuis 15 jours toute la presse titre « la consommation de viande rouge est responsable de la dépression, Viande rouge : attention au risque de dépression, Dépression : l’excès de viande rouge augmente le risque etc… ». Or tout ce qu’établit la publication du British Journal of Nutrition c’est une éventuelle corrélation entre une certaine consommation de viande et un risque de dépression. En aucune manière il ne peut être conclu de ces résultats que la viande soit la cause ou même un facteur de la dépression. Il y a dans ce genre d’études l’éternelle confusion entre une corrélation et un rapport de cause à effet. Post hoc, ergo propter hoc. C’est arrivé après, donc c’en est la conséquence.

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