Les Gaz à Effet de Serre (GES) émis par l’élevage des bovins : 18% ou 3%?

Les militants de la lutte pour la protection de la nature, des animaux et de la planète appellent la société civile à réduire la consommation de viande et proposent d’introduire des taxes supplémentaires sur les produits à base de viande pour dissuader leur consommation. Selon eux, cela aura un effet bénéfique sur l’environnement, réduira la quantité de GES responsable du changement climatique ainsi que la pression sur les écosystèmes naturels.

En 2006 la FAO (l’organisation de l’ONU pour l’agriculture et l’alimentation) a évalué à 18% des émissions la responsabilité de l’élevage dans l’émission des gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. Avant même les transports. Ce chiffre avait eu l’effet d’une bombe et sert de base à tous les lobbys anti-viande et pro-végétariens (Les Echos du 8 janvier 2019). Sans que personne ne sache à quoi les 18% correspondent! 18% des émissions de GES de la planète (volcans compris) ? Mesurés ? Calculés ? Sans importance, le chiffre est assez grand pour crier haro sur les vaches.

La FAO inclut dans son évaluation les émissions de l’élevage à proprement parler, celle des déjections animales et celles des consommations énergétiques des animaux. Mais aussi des émissions comme celles liées à la destruction des forêts au profit des cultures fourragères ou découlant de la production des aliments du bétail, du transport de la nourriture des animaux et même leur acheminement à l’abattoir.
La FAO a revu ses calculs à la baisse quelques années après et a reconnu que ses bases de comparaison avec les transports étaient « fausses » et qu’il aurait fallu inclure dans l’impact des transports celui de la fabrication des véhicules et de l’extraction des sources de l’énergie. Contributions indirectes que la FAO n’a pas prise en compte dans les calculs concernant les transports auxquels elle compare l’élevage. Sollicitée par les Echos l’organisation n’a pas répondu.

Proche du parti Démocrate américain, le think tank Word Resource Institute (WRI) propose quant à lui des chiffres qui limitent l’impact de ces deux secteurs à leur responsabilité directe dans l’émission de gaz à effet de serre. Et conclut que « les transports seuls émettent environ 23% des gaz à effet de serre tandis que l’élevage seul en émet 5,4% »

Pour l’Agence américaine de Protection de l’Environnement (EPA), les plus grandes sources de gaz à effet de serre sont la production d’électricité à égalité avec les transports devant l’industrie 22%, l’agriculture 9% dont l’élevage 4%.

Le professeur américain Frank Mitloehner de l’université de Davis en Californie, spécialisé dans les sciences animales et dans l’environnement, estime dans une tribune publiée par Science Alert que la renonciation collective à la viande ne ferait baisser l’émission de GES que de 2% et ne servirait pas l’environnement mais, au contraire, aurait un effet néfaste.

Que peut-on conclure de ce bref panorama?

Comme disent les 500 célébrités qui proposent de bannir la consommation de viande tous les lundis « Nous pensons que chaque personne peut faire un pas significatif dans ce sens pour l’un ou l’autre des motifs suivants : la sauvegarde de la planète, pour la santé des personnes, le respect de la vie animale ».

Voir dans l’élevage bovin l’Armageddon de la planète n’a aucune base scientifique. L’élevage bovin ne met nullement en la planète en péril. L’émission de 18% de GES est une pure spéculation analogue à celle qui voit la consommation d’eau par le bétail à 15.000 l par kg de viande (empreinte eau, chiffre qui prend en compte la pluie qui tombe sur l’herbage!). Du respect de la vie animale, on ne peut pas discuter mais il faut noter que si on ne mange plus les vaches elles disparaitront forcément et ne subsisteront plus que dans les zoos comme beaucoup d’espèces de nos jours. Pour l’amour des vaches, on les aura fait disparaître.

L’élevage bovin est irremplaçable comme source de protéine viande et lait, qu’aucune source végétale ne peut actuellementremplacer sauf processus industriel d’extraction-concentration (farine de pois par exemple). Les fameuses lentilles une fois cuites n’apportent que 8g de protéines pour 100g, contre 25g pour la viande. Notre intestin n’est pas fait pour digérer des végétaux. Mais surtout l’élevage bovin est fondamental en raison de sa production de lait, notamment pour la fabrication du lait infantile. La vache est en effet essentiellement, dans le monde, élevée pour son lait.  Il n’y a pas actuellement de substitut au lait de vache. Pour une grande part de l’élevage bovin la production de viande est un sous-produit de la production de lait. N’était sa production de lait, il y a longtemps que la viande bovine aurait été remplacée par la viande de cochon et de poulet. Sans le débouché en viande en fin de lactation, l’élevage bovin ne serait plus économiquement rentable et se traduirait par une accumulation de vaches post lactation comme en Inde où on les héberge dans des EHPAD pour vaches à la retraite. A noter quand-même que l’Inde est le premier ou le deuxième exportateur mondial de viande (halal, essentiellement de bufflones).

18%, 14%, 5%, 4% des GES, tout est fonction des termes de la comparaison. Si on inclut dans les GES produits par les bovins, le transport de leur alimentation et la déforestation dont elle serait indirectement responsable, le trajet de la vache à l’abattoir, etc. et qu’on veut comparer les GES produits ceux émis par le transport par exemple, il est clair qu’il faudrait inclure dans les GES émis par les voitures, les avions, les cargos… non seulement leur consommation de carburant mais aussi le coût en GES de la production de ces carburants, et comme dans le cas de la vache, les GES émis au cours du cycle de vie de ces moyens de transport. Pour un train par exemple : extraction minière ou synthèse des matériaux, fabrication de la motrice et des wagons, installation des rails avec leur occupation territoriale, consommation du fonctionnement, frais d’entretien, et pour finir prix de l’envoi à la casse du-dit train. Prenant en compte ces éléments ajoutés à ceux concernant les avions, les cargos, les paquebots, toute la fabrication des armes de guerre et leur utilisation, et autres satellites, en prenant en compte leur cycle de vie total et non seulement leur fonctionnement, alors le pourcentage des GES émis par l’élevage pourrait être estimé. Et évalué par rapport au service rendu.

Je ne rentrerai pas ici dans le débat sur le rôle, discutable et discuté, des GES dans le changement climatique. Pas plus que je ne ferai l’hypothèse d’une collusion entre le GIEC et le lobby anti-vache. Ceci est un autre débat.

Un commentaire sur “Les Gaz à Effet de Serre (GES) émis par l’élevage des bovins : 18% ou 3%?

  1. TOUS LES GAZ SE RECYCLENT ! TOUS ! (depuis toujours et pour toujours)
    Il n’existe PAS de ‘gaz a effet de serre’

    –« Si nous sommes préoccupés par le réchauffement climatique causé par le gaz carbonique, cela ne serait-il pas pire si nous conduisions tous des voitures qui avaient de la vapeur d’eau à l’échappement ? »

    https://wattsupwiththat.com/2017/09/07/the-making-of-a-climate-skeptic-at-university/–

    L’humain comme les animaux émetteurs de gaz carbonique représentent un grain de sable sur la plage ! 75 % de notre planète est couverte par les eaux. Les mers & océans dégazent en permanence des milliards de fois plus de gaz que ne peut le faire l’homme et son industrie !
    Il y a des millions (milliards ?) de sources chaudes sous-marines qui éructent des déchets les plus toxiques.

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